Midi Libre : violences contre les enseignants – aucun territoire n’est épargné
« Et aujourd’hui, aucun territoire n’est protégé. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas qu’en banlieue ou en REP + que surviennent les problèmes. »
Les établissements scolaires font face à une montée des agressions physiques, parfois graves, contre leurs enseignants. Maxime Reppert, vice-président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc), revient auprès de “Midi Libre” sur cette inquiétante tendance.
Assistons-nous à une accélération de la violence dans les établissements scolaires ?
Maxime Reppert
Ce qui était plutôt un sentiment est clairement devenu une insécurité bien palpable. Les collègues en conflit ou en souffrance psychologique représentent l’essentiel de notre travail. Et aujourd’hui, aucun territoire n’est protégé. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas qu’en banlieue ou en REP + que surviennent les problèmes.
Constatez-vous une hausse des démissions d’enseignants ?
Maxime Reppert
Une hausse légère mais surtout une explosion des demandes de mobilité car les conditions de travail ne cessent de se dégrader depuis qu’on observe un phénomène de “consommation” de l’école par les élèves et leurs parents. Les enseignants sont aujourd’hui très largement déconsidérés. Mais que penser d’un gouvernement qui supprime des postes et des moyens financiers en réponse à la banalisation de la violence en milieu scolaire ?
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Le SNALC a déjà alerté sur les limites de la loi Rilhac. Comme il l’avait annoncé, le pilotage par les IEN a profondément été modifié ce qui affecte les équipes.
En parallèle de cette loi, des circulaires sont venues modifier le rôle des IEN pour opérer la transition vers un fonctionnement au sein duquel le directeur voit son rôle de pilote pédagogique renforcé, doit “structurer le travail collectif de son équipe et des personnels de l’école” et mettre en œuvre “un exercice bien compris de l’autorité fonctionnelle”.
Un rapport de l’IGÉSR relève le manque de légitimité ressenti par les directeurs qui sont invités à adopter une vision stratégique pour leur école et à s’adapter à un « changement de paradigme ». Malgré ce constat, ils se voient confier des tâches relevant d’une supervision de leurs adjoints : ils ne peuvent que constater l’augmentation de leur charge de travail, de leurs difficultés et des crispations dans les équipes.
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Lors d’un groupe de travail avec les organisations syndicales le 28 janvier 2026, le Ministère a annoncé qu’un nouveau logiciel de gestion du remplacement allait être déployé sur l’ensemble du territoire entre mars 2026 et février 2028. Ce logiciel, associé à un remaniement de la gestion des remplaçants, permettrait d’améliorer le remplacement dans le premier degré. Le SNALC ne partage pas cette analyse et s’inquiète des conséquences concrètes de ces choix.
Le Ministère prétend qu’actuellement les circonscriptions ne mutualisent pas « les moyens » et que les spécialisations (REP+, BDFC, ASH) ne permettent pas une optimisation du remplacement en fonction des besoins. Cette organisation serait source de rigidité et d’inefficacité.
Il souhaite donc la création d’un vivier unique et départemental de remplaçants afin d’éviter la segmentation géographique, bien que le rattachement administratif à une école soit maintenu pour calculer les indemnités (IJSSR).
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Contrat prévoyance : mise en garde pour les collègues en arrêt maladie
Le SNALC recommande aux collègues en arrêt de maladie de ne pas s’affilier au contrat collectif de prévoyance avant d’avoir repris leur service (et ce avant fin octobre).
Le risque en cas contraire est une exclusion de garantie pour leur pathologie et la perte de leur éventuel complément de rémunération de leur contrat de prévoyance en cours (à l’exception de ceux couverts par le contrat MGEN Référence).
Lisez notre dossier complet "Santé et prévoyance : tout savoir sur la réforme"
Le SNALC a depuis longtemps été lanceur d’alerte sur la question de l’attractivité de nos métiers. Au début regardée par les uns et les autres avec une certaine condescendance mâtinée de « plus beau métier du monde » et de « toujours en vacances », notre organisation est désormais prise au sérieux. Le travail de fond que nous menons a eu des répercussions réelles dans l’opinion publique et les médias, notamment.
Pour autant, tout ou presque reste à faire. Car cette question d’attractivité des métiers est bien vite reléguée au second plan dès qu’il s’agit de nous assigner une mission supplémentaire, de lancer un grand débat de société sur l’École ou de changer pour la 47e fois nos programmes, là où des ajustements auraient très certainement suffi.
À tout cela s’ajoute un discours de plus en plus répandu : celui de la concession-oubli. « Oui, les professeurs sont mal payés, mais n’y a-t-il pas aussi… » : et voilà comment mettre la question de la rémunération sous le tapis, pour parler de tout autre sujet, souvent important, mais toujours incomplet. Il y a dans ce procédé une forme d’impuissance blasée qui s’exprime. On reconnaît que ça ne va pas, mais bon, qu’est-ce qu’on peut bien y faire ?
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« Toute peine mérite salaire ! ». Le ministère vous informe des dates de règlement de votre traitement pour l’année 2024.
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