L’étude des différents programmes dans l’Éducation nationale est pleine d’enseignements. Tout d’abord, la question du rythme de publications : les programmes changent de plus en plus fréquemment. Et il ne s’agit pas ici de s’adapter aux évolutions de la science ou de la société — des ajustements suffiraient — ou de rattraper de graves erreurs du passé : les changements de programmes semblent relever de l’occupationnel du ministère. On n’a pas d’argent ? Changeons le programme !
Or, derrière un changement de programme, c’est toute une vision du système éducatif qui transparaît. Les précédents programmes de l’école et du collège fonctionnaient par cycles de 3 ans afin de forcer la réalisation de la liaison école/collège, de rattacher le collège à l’école plutôt qu’au lycée dans le projet d’une école du socle commun. Et peu importe l’impossibilité matérielle de ce projet, la complexité de gérer une répartition entre un collège et de nombreuses écoles rattachées, entre public et privé, ou la nécessité a posteriori de reconstruire des programmes annuels pour pouvoir tout simplement enseigner.
Les nouveaux programmes, qu’ils soient déjà publiés ou encore en cours d’examen, reviennent à des rythmes annuels. En revanche, ils dessinent une nouvelle image du professeur, considéré comme un abruti. « Exemples de réussites », « points de vigilance », tableaux de ce qu’il faut faire chaque jour ou chaque semaine : le parti pris est que le professeur de 2026 ne sait pas faire son métier.
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La note d’information de la DEPP de février 2026 sur les conditions de vie familiale des enseignants révèle un décalage statistique préoccupant par rapport aux autres cadres de la fonction publique. Le SNALC alerte depuis longtemps sur la dégradation du niveau de vie des professeurs et le manque de reconnaissance de l’Institution.
Les données mentionnées dans cette note rappellent aussi une évidence : les enseignants ne sont pas seulement des agents du service public, ce sont également des parents, des conjoints et des citoyens qui doivent concilier leur métier avec une vie familiale souvent exigeante.
En 2023, 77 % des professeurs déclarent vivre en couple contre 72 % des autres cadres de la fonction publique d’État (FPE), et près des deux tiers ont au moins un enfant à charge, contre la moitié des autres cadres. La DEPP souligne également que les enseignants recourent plus souvent au temps partiel ou à des interruptions de carrière pour s’occuper de leurs enfants.
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La mise en place du PPCR en 2017 a uniformisé les rythmes d’avancements. Des accélérations de carrière restent néanmoins possibles.
Le SNALC en rappelle les modalités et le fonctionnement. Ainsi, sont évoqués dans cet article :
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Au 1er janvier 2026, la rémunération des professeurs des écoles reste marquée par une stagnation préoccupante. Malgré quelques revalorisations et primes pour certains, le gel persistant de la valeur du point d’indice entraîne une perte de pouvoir d’achat mécanique face à l’inflation.
Le SNALC présente la grille des salaires actualisée. Elle récapitule, par échelon et par grade, le traitement brut ainsi que certains éléments indemnitaires (ISAE, prime d’attractivité/Grenelle et indemnités de résidence). Ce tableau met en lumière une réalité frappante : sans mesure générale d’envergure, les grilles subissent un tassement historique, rapprochant dangereusement le salaire de début de carrière du SMIC.
Il est également possible de procéder à la vérification de sa rémunération grâce au simulateur mis en place sur le site du ministère de l’Éducation nationale.
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Sommaire
Karim El Ouardi, s'exprime sur un enseignant lynché par les élèves à Montpellier «L'école doit être la priorité de notre nation».
Maxime REPPERT s'exprime sur la violence en milieu scolaire et sur la politique de l'excuse.
Êtes-vous pour une réduction des vacances scolaires ?
La convention citoyenne sur le temps de l’enfant, initiée par Emmanuel Macron, a abouti en novembre 2025 à une série de propositions que le Ministère a intégrées dans ses réflexions et projets. À la suite de cette consultation, le ministre de l’Éducation nationale a rapidement annoncé son intention de réduire la durée des vacances scolaires et de revoir le nombre de jours de classe par semaine, estimant que quatre jours ne suffisent pas. Alors que certaines voix plaident pour un retour des cours le mercredi matin, d’autres vont jusqu’à suggérer une semaine de six jours !
Le SNALC a été le premier à défendre avec fermeté le maintien de la semaine de quatre jours. Il avait anticipé avec justesse l’accumulation de fatigue des élèves mais aussi des professeurs en fin de semaine qu’occasionneraient 5 jours de classe consécutifs. Fidèle à ses principes, le SNALC n’a jamais dévié de sa position, contrairement à d’autres signataires de l’appel de Bobigny et acteurs du débat, qui ont changé d’avis à plusieurs reprises sur la question.
Le SNALC ne reviendra pas sur cette position et ce, dans l’intérêt des professeurs, du métier et de l’école.
À ce jour, la semaine de 4 jours est le choix qui a été adopté par près de 95 % des écoles. Pour le SNALC, il est inconcevable et inadmissible que les conclusions d’une consultation impliquant 133 citoyens, tirés au sort donc forcément non-spécialistes de l’enseignement scolaire, puissent prévaloir sur l’expérience, l’expertise et le vécu de plus de 300 000 professeurs des écoles.
C’est pourquoi le SNALC fait le choix de VOUS donner la parole et lance sa propre consultation citoyenne.
Midi Libre : violences contre les enseignants – aucun territoire n’est épargné
« Et aujourd’hui, aucun territoire n’est protégé. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas qu’en banlieue ou en REP + que surviennent les problèmes. »
Les établissements scolaires font face à une montée des agressions physiques, parfois graves, contre leurs enseignants. Maxime Reppert, vice-président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (Snalc), revient auprès de “Midi Libre” sur cette inquiétante tendance.
Assistons-nous à une accélération de la violence dans les établissements scolaires ?
Maxime Reppert
Ce qui était plutôt un sentiment est clairement devenu une insécurité bien palpable. Les collègues en conflit ou en souffrance psychologique représentent l’essentiel de notre travail. Et aujourd’hui, aucun territoire n’est protégé. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas qu’en banlieue ou en REP + que surviennent les problèmes.
Constatez-vous une hausse des démissions d’enseignants ?
Maxime Reppert
Une hausse légère mais surtout une explosion des demandes de mobilité car les conditions de travail ne cessent de se dégrader depuis qu’on observe un phénomène de “consommation” de l’école par les élèves et leurs parents. Les enseignants sont aujourd’hui très largement déconsidérés. Mais que penser d’un gouvernement qui supprime des postes et des moyens financiers en réponse à la banalisation de la violence en milieu scolaire ?
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Le SNALC a déjà alerté sur les limites de la loi Rilhac. Comme il l’avait annoncé, le pilotage par les IEN a profondément été modifié ce qui affecte les équipes.
En parallèle de cette loi, des circulaires sont venues modifier le rôle des IEN pour opérer la transition vers un fonctionnement au sein duquel le directeur voit son rôle de pilote pédagogique renforcé, doit “structurer le travail collectif de son équipe et des personnels de l’école” et mettre en œuvre “un exercice bien compris de l’autorité fonctionnelle”.
Un rapport de l’IGÉSR relève le manque de légitimité ressenti par les directeurs qui sont invités à adopter une vision stratégique pour leur école et à s’adapter à un « changement de paradigme ». Malgré ce constat, ils se voient confier des tâches relevant d’une supervision de leurs adjoints : ils ne peuvent que constater l’augmentation de leur charge de travail, de leurs difficultés et des crispations dans les équipes.
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Lors d’un groupe de travail avec les organisations syndicales le 28 janvier 2026, le Ministère a annoncé qu’un nouveau logiciel de gestion du remplacement allait être déployé sur l’ensemble du territoire entre mars 2026 et février 2028. Ce logiciel, associé à un remaniement de la gestion des remplaçants, permettrait d’améliorer le remplacement dans le premier degré. Le SNALC ne partage pas cette analyse et s’inquiète des conséquences concrètes de ces choix.
Le Ministère prétend qu’actuellement les circonscriptions ne mutualisent pas « les moyens » et que les spécialisations (REP+, BDFC, ASH) ne permettent pas une optimisation du remplacement en fonction des besoins. Cette organisation serait source de rigidité et d’inefficacité.
Il souhaite donc la création d’un vivier unique et départemental de remplaçants afin d’éviter la segmentation géographique, bien que le rattachement administratif à une école soit maintenu pour calculer les indemnités (IJSSR).
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« Toute peine mérite salaire ! ». Le ministère vous informe des dates de règlement de votre traitement pour l’année 2024.
Cliquez sur > CE LIEN < pour visionner le calendrier des paies 2026 (c'est en bas !)